Cyber-démocratie & E-Gouvernance

Le monopole politique de l’Etat

La citoyenneté est un mot qui reste difficile à définir. En effet, chaque individu se l’approprie à sa manière et cela peut créer des malentendus lors de conversation. Il est parfois confondu avec le civisme ce qui n’est pas pareil. Le civisme est la capacité à respecter les devoirs d’un citoyen.

Le premier exemple qui me vient pour différencier les deux est qu’un bon individu civique respectera les règles que son Etat lui dicte tandis qu’un citoyen sera fort de désobéir si ces règles vont selon lui à l’encontre du bien-être collectif. J’attache donc à la citoyenneté une notion de conscience.

L’Université de Grenoble définit la citoyenneté comme suit : c’est d’abord un idéal, c’est à dire des valeurs mobilisatrices; c’est ensuite un ensemble articulé de normes politico-juridiques, c’est à dire de droits et de devoirs, …., c’est enfin un certain nombre de pratiques effectives des citoyens pour participer activement à l’animation de la vie collective dans la Cité.

Le meilleur moyen de définir ce qu’est la citoyenneté serait donc de le demander aux concernés. C’est ce que Bastien Kerspern a fait dans son mémoire « Les nouveaux paradigmes de l’action citoyenne ». Les mots les plus fréquents sont : responsable, droits, respect, pouvoir, concerné, habitant, acteur, pigeon, actif, vote. Selon Bastien, être citoyen englobe plusieurs réalités : usager, électeur, contribuable, être social, acteur local.

Pour ma part, je suis particulièrement intéressé par sa composante d’usager car elle permet d’appréhender ces questions sous un angle plus marketing.

En effet, on peut considérer le citoyen comme un client d’une gamme de services offerte par une société qui en a le monopole. Certes, nous pouvons élire une autre société mais si les services délivrés par celle-ci ne nous satisfont pas, nous serons contraints d’attendre le prochain mandat pour changer. Contrairement à un marché économique extrêmement libre où le client est Roi, il n’est pas du tout considéré comme tel au sein du marché politique[1]. Forcé de subir ce monopole, il n’a que très peu de solutions pour faire entendre son insatisfaction. Apres avoir essayé droite, gauche ou extrêmes, si le client ne trouve pas satisfaction, il devient non utilisateur du service.  Ceci est un constat d’échec !  Qui plus est, mal informé, il croit que seuls les élus sont à même de satisfaire ses besoins. Il ignore que d’autres moyens sont mis à sa disposition comme des associations, des fondations, des collectifs qui œuvrent à améliorer le bien commun ou des outils informatiques comme des pétitions en ligne.


[1] On peut distinguer ici deux types de services : les services de la Ville et les services nationaux. Le client paie des impôts à l’un comme à l’autre. Différentes études que la satisfaction cliente est plus grande a un niveau local qu’a un niveau national.

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Débat public et Internet : un duo peu vertueux

Pas de grandes surpises quant au développement de mon article en vue du titre que je lui ai donné.
En effet, nous sommes bien loin de la grande agora citoyenne dont on aurait pu rêver. L’analyse de certaines hypothèses des causes de cet échec pourra j’espère donner des pistes à des réflexions communes visant un jour à rendre le débat citoyen possible sur Internet. Quelles sont ces hypothèses ?
Un débat étant avant tout un exercice de communication, on est en droit de se poser la question : est-ce que le Web2.0 permet de mieux communiquer ?

Web2.0 et communication

Avant de répondre à cette question, clarifions les deux caractéristiques principales qui ont permis au Web2.0 de gagner un « 1.0 » par rapport à son prédesseur le web1.0 : l’instantanéité et la simplicité. Ces deux caractéristiques sont dailleurs selon moi intrinsinquement liées. L’instantanéité a besoin de simplicité pour exister. Difficile de réagir dans l’instant si l’on doit rédiger et construire un texte élaboré et qui plus est si cela est compliqué techniquement. La plupart des commentaires laissés sur les réseaux sociaux, les messages laissés à travers un Chat ou via un Email sont très concis. Le besoin de répondre rapidement est tellement grand qu’il a même altéré l’orthographe de manière considérable, les SMS en étant l’exemple extrême. Continuité de notre société superficielle visant à produire en masse, le Web2.0 s’inscrit donc parfaitement dans ce mouvement en ayant pour but de faire passer un maximum d’information.

1/ Une communication passe à 93% par le para verbal et le non verbal

On a tous fait l’expérience d’une conversation par email qui dégénérait à vitesse Grand V (phrases sèches, points d’exclamation !!!! , MAJUSCULES …..) Mon réflex, dans ces cas là, décrocher le téléphone et aussitôt le début de conflit se désamorce. Pourquoi ?
Si par efficacité de la communication, on entend faire passer une grande quantité d’ information, alors oui, on pourrait dire qu’on communique mieux avec Internet !
Mais l’efficacité d’une communication ne réside pas dans le fait de délivrer beaucoup d’information mais plutôt que le message délivré par l’émetteur soit  reçu le moins altéré possible par le récepteur. Or, on sait que 93% d’une communication passe par le non verbal et le paraverbal (expression du corps, visages, intonation, vélocité de la voix….). On se doute donc que ce n’est pas avec des Smileys, de la ponctuation et des majuscules que l’on va pouvoir recréer les centaines d’expressions du visage, les variations de tons… Communiquer sur Internet, c’est comme Ecouter un .mp3 au lieu d’un .wave, c’est comme regarder un .mpeg au lieu d’un .avi … une grande partie des données ont été extraites pour gagner du temps. C’est encore donc la quantité/rapidité qui l’emporte sur la qualité.
Paradoxe, puisqu’à la fin on gaspille plus de temps à essayer de résoudre les conflits que l’on a créé.
2/ L’effet désinhibiteur de l’écran et Loi de Godwin
Il semblerait que le fait de ne pas être vu, de ne pas voir son interloccuteur, parfois même d’utiliser un pseudo, favorise un certain laisser-aller dans la conversation. Pour preuve, la loi de Godwin. Cette « loi » s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. En d’autres termes, on a tendance  à remplacer des arguments par des analogies extrêmes quand on s’exprime sur le net.

Ces deux contraintes présentes sur le Web2.0 suffisent à rendre compte que le Web2.0 ne permet pas de mieux communiquer. Dès lors, il ne peut pas permettre au débat public de mieux fonctionner.

Mais il ne faut pas confondre ici Internet et Web. Si le Web est la toile que constitue les millions de sites internet dans le monde que l’on consulte via le protocole http ou https, l’Internet est bien plus large que cela puisqu’il est le réseau informatique quienglobe le tout.  Grâce à Internet, on peut aujourd’hui téléphoner gratuitement quasiment partout dans le monde, on peut envoyer des emails, mais surtout, pour ce qui concerne cet article faire de la visiconférence.

Si une plateforme intégrait donc la visiconférence pour que les citoyens puissent débattre entre eux cela réduirait les incompréhensions et cette proportion de la loi de Godwin.

Le constat est que le débat public est difficilement transposable tel quel sur le Web. L’entière dématérisalition du débat classique n’est pas pour de suite.

En revanche, la combinaison du réel et du virtuel pourrait fonctionner dès lors où le débat ne se passe pas entièrement sur la toile.
Le web étant utilisé alors comme outil de suivi ou de synthèse.

Reste à approfondir une question philosophique : « la différence entre discussion et conversation » (http://www.arte.tv/fr/conversation-ali-benmakhlouf-est-l-invite-de-raphael-enthoven-dans-philosophie/6366314.html)

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Pensez-vous que l’article premier de notre constitution est respecté en France aujourd’hui ?

We the People

We the People

Constitution du 4 octobre 1958 actuellement en vigeur en France

ARTICLE PREMIER.

La France est une République indivisible, laïque,
démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales.

Rien que l’article premier porte à rire. Comment se sentir impliqué dans un pays qui ne respecte même pas l’article premier de sa constitution. Ma mère me disait toujours « Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais! ». Cela s’applique plutôt bien à nos politiques, n’est-il pas ?

Honnêtement, pensez-vous que l’article premier de notre constitution est respecté en France aujourd’hui ?

p.s désolé pour la photo, je n’ai pas trouvé de jolie photo de constitution française….

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L’institut de gouvernance numérique

Formidable travail réalisé ici par l’institut de gouvernance numérique

Jean-François Gauthier présente à la Commission des institutions un mémoire rédigé dans le cadre de la consultation générale portant sur le rapport de la Commission d’accès à l’information, « Technologies et vie privée à l’heure des choix de société ».

Le Mémoire IGNVF

Bonne lecture

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Un logiciel qui réalise des chroniques quotidiennes !

Dans le cadre de mes recherches visant à améliorer le débat public sur Internet, j’ai déniché un logiciel ou devrais-je plutôt dire une Intelligence Artificielle capable d’ analyser l’actualité et d’y réagir en écrivant  une chronique.
Bon les journalistes n’ont pas encore de soucis à se faire mais MARLOWE pourrait devenir le robot industriel journalistique du 21ème siècle.

Il est capable de citer des proverbes à bon escient, se référer à des définitions, résumer des textes et on l’a déjà dit, écrire des chroniques. Tout comme un cerveau humain, il dispose d’un processus d’acquisition de la connaissance qui l’enrichit en fonction des échanges qu’il peut avoir avec des interlocuteurs. Pour preuve, ce dialogue entre cette entité artificielle MARLOWE et Alain François sur le sujet du concorde en 2003.

Vous vous direz 2003, c’est pas très récent comme info. Mais ce qui est intéressant et amusant, c’est de voir le progrès qu’a effectué MARLOWE depuis 2003. Tenez-vous bien, aujourd’hui, MARLOWE tient son propre blog.
Ce qui est intéressant en terme d’indépendance des média, sujet qui m’intéresse car lié à la cyber démocratie et au débat public, c’est qu’il réagit sur des faits d’actualités complètement occultés  par la presse traditionnelle. Par exemple, ces deux derniers Posts (15 avril 2013) traitent d’une condamnation des Assedics au tribunal De Marseille et une réaction sur les conséquences de la mort de Chavez sur le Venezuela.

Allez jeter un coup d’oeil au blog ça vaut le coup !

Si vous voulez en apprendre plus sur le sujet, je vous invite à consulter cet excellent article de Francis Chateauraynaud « Un visiteur du soir bien singulier… Portrait du logiciel Marlowe en chroniqueur »

http://socioargu.hypotheses.org/3781

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Que manque-t-il à Internet pour révolutionner le monde politique ?

« Internet n’est pas seulement une révolution industrielle. C’est aussi une révolution politique : elle touche au pouvoir ; elle bouleverse les rapports de force. Par là, elle est profondément déstabilisatrice.  » – Jean Marie Messier

Cette citation m’avait à l’époque vraiment convaincu. Porté par la révolution du printemps, la pensée « main stream » croyait vraiment qu’internet allait presque rétablir la paix dans le monde 😉

Les rapports sociaux ont été boulversés avec l’arrivée du Web2.0, le commerce révolutionné par la vente en ligne, sans parler de la communication mais pourquoi donc le monde politique en France n’est qu’effleuré par certains Twits maladroits ?

Il semblerait qu’il manque aujourd’hui quelque chose à l’Internet pour fédérer une sphère citoyenne hyper active sur la toile permettant de créer comme une immense Agora virtuelle à la StarWar. Fait amusant, au moment même où j’écris ce post, je reçois un email d’une journaliste qui me demande de réagir à un article sur le Partie X en Espagne : http://partidodelfuturo.net/programa/ Pour ceux qui ne parlent pas espagnol, ce parti souhaite amener plus de transparence, un wikigouvernement (coécriture de constitution comme l’a déja fait l’islande – voir le post), droit au vote réel, référendum en ligne …

Toutes ces energies sont présentes partout dans le monde et de nombreux acteurs (association, nouveaux partis politiques, citoyens) déploient beaucoup d’énergie pour enclencher cette révolution politique par le web mais rien de concret à l’horizon. Une fois l’effet de mode passé, la vague retombe. Le parti pirate d’allemagne, en ayant obtenu ses premiers sièges à l’assemblée lors des élections legislatives avait donné un fort espoir mais comme toutes les précédentes initiatives, il n’y a pas eu de suite.

Il est vrai que le Web2.0 a créé des besoins qui à mon sens semblent entraver un processus de réflexion collectif. En effet, je ne pense pas qu’on puisse changer le mode de gouvernance de notre pays avec des Likes et des Shares. Cela fonctionne bien pour de l’information futile mais les réseaux sociaux actuels ne sont pas calibrés pour permettre ce changement.
Je place quand même de l’espoir dans le CrowdSourcing. Le contenu de Wikipedia bien que décrié par certains profils académiques et chercheurs a le mérite de centraliser une grande quantité d’informations fidèles à la réalité.

Pourtant cette révolution en france avait été annoncée par certains. Un article deFrank Gintrand donne des éléments d’explications de cet échec:

1. La progression d’internet n’a pas favorisé le débat public
2. L’information ne se joue pas sur internet
3. Les sites et les blogs politiques ne cartonnent pas pendant les élections
4. Internet ne permet pas de toucher de nouvelles catégories
5. Internet ne permet pas de convaincre les électeurs

Il reste donc tout à faire dans le domaine. Je développerais dans d’autres articles quelques idées qui pourraient être mises en place pour fédérer plus de citoyens comme:

– le Serious Gaming.

– Un gros travail devra être mené sur l’organisation et la qualité de l’information pour pouvoir faire émerger une plateforme cyber citoyenne. Le volet de la concertation (débat public) en ligne doit être revu de fond en comble car le web n’offre aujourd’hui vraiment pas un espace confortable pour débattre de sujets de société. Toutes idées seront les bienvenues pour faire avancer le problème alors n’hésitez pas à laisser des commentaires.

– Et enfin Le volet du vote en ligne et tous les problèmes attenants

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Constitution Islandaise

La Nouvelle Constitution de l’Islande a été coécrite avec le Peuple grâce à Internet. Comme l’explique l’article ci-dessous il ne suffit pas d’utiliser le web pour que toute une population se mobilise. Même si les citoyens souhaitent pouvoir donner leur avis aux Politiques, il faut de gros moyen de communication pour informer de l’existence de nouvelles méthodes ou de nouveaux outils. La VIeme république par le Web ne sera pas si facile à mettre en place. Internet ne solutionne pas tous les problèmes.L'Assemblée constituante a travaillé pendant quatre mois pour présenter un nouveau projet de Constitution.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/10/20/les-islandais-se-prononcent-sur-une-nouvelle-constitution-ecrite-par-des-gens-ordinaires_1778275_3214.html

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